Riad rénové avec piscine et arches mauresques à Marrakech.

Riad, villa ou appartement : quel bien acheter au Maroc ?

9 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 mai 2026
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Morgan Richez

Table des matières

Par Morgan Richez agent immobilier et co-fondateur de Morgan & James Immobilier

Trois types de biens. Des profils d’acheteurs radicalement différents. Et un marché immobilier marocain qui, malgré les turbulences de 2023-2024, reste l’un des plus dynamiques du continent africain. Avant de signer, il faut comprendre ce que chaque option implique vraiment  en termes de budget, de rendement locatif, de fiscalité et de mode de vie.

Riad, villa ou appartement au Maroc : Ce que dit le marché en 2026

Le marché immobilier marocain représente environ 6 % du PIB national, selon les données de Bank Al-Maghrib. Trois segments coexistent avec des logiques très différentes : le riad de médina, patrimoine architectural classé ou non ; la villa en zone résidentielle ou balnéaire ; et l’appartement en immeuble, segment de loin le plus liquide.

En 2024, les transactions immobilières ont progressé de 4,2 % en volume, tirées principalement par Casablanca, Marrakech et Tanger. Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) représentent entre 15 et 20 % des acquéreurs étrangers selon les chiffres de l’Agence Nationale de la Conservation Foncière (ANCFP). Les ressortissants français, espagnols et du Golfe complètent le tableau.

Acheter un riad au Maroc : pour qui, pour quoi ?

Un riad est une maison traditionnelle à cour intérieure, typique des médinas de Marrakech, Fès, Meknès ou Essaouira. La surface habitable varie de 150 m² pour les plus modestes à plus de 1 000 m² pour les demeures historiques.

Ce que ça coûte. À Marrakech, comptez entre 3 000 et 8 000 DH/m² pour un riad à rénover, et entre 15 000 et 35 000 DH/m² pour un riad entièrement restauré avec piscine. À Fès, les prix restent sensiblement inférieurs : un riad rénové se négocie rarement au-dessus de 20 000 DH/m².

Le rendement locatif. Les riads convertis en maison d’hôtes (riad-maison d’hôtes) peuvent générer des taux d’occupation de 60 à 75 % en haute saison, selon les données de la Fédération Nationale de l’Industrie Hôtelière (FNIH). Un riad de 8 chambres bien positionné à Marrakech peut atteindre 800 000 à 1,2 million de DH de chiffre d’affaires annuel brut.

Les contraintes réelles. Les riads en médina sont soumis à des règles de rénovation strictes dès lors qu’ils sont situés dans un périmètre classé. Les travaux nécessitent souvent l’accord de la commune et du ministère de la Culture. Les coûts de rénovation sont systématiquement sous-estimés par les acheteurs étrangers, un écart de 30 à 50 % par rapport au devis initial est fréquent, selon les architectes spécialisés en patrimoine. L’accès aux réseaux (eau, électricité, internet fibre) peut poser des problèmes techniques dans les ruelles les plus étroites.

Profil idéal. Investisseur patient avec un horizon de 5 à 10 ans, sensible au patrimoine, disposé à gérer une activité hôtelière ou à déléguer cette gestion. Déconseillé aux acheteurs cherchant une résidence principale sans contrainte d’entretien.

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Acheter une villa au Maroc : le choix du confort et de la confidentialité

La villa marocaine se décline en deux marchés bien distincts : les zones résidentielles urbaines (Californie ou Ain Diab à Casablanca, Agdal ou Souissi à Rabat, Palmeraie ou Targa à Marrakech) et le balnéaire (Agadir, Asilah, Dakhla, Cabo Negro).

Ce que ça coûte. À Casablanca, une villa de 400 m² avec jardin dans un quartier résidentiel sécurisé se négocie entre 6 et 12 millions de DH. La Palmeraie de Marrakech propose des villas de standing entre 5 et 25 millions de DH selon les prestations. Le balnéaire est plus accessible : une villa neuve vue mer à Agadir peut démarrer à 2,5 millions de DH.

Le rendement locatif. Les villas balnéaires génèrent des revenus locatifs saisonniers significatifs, 3 000 à 8 000 €/semaine pour une villa de luxe à Marrakech ou Agadir en haute saison, selon les plateformes de location courte durée. Le rendement net annuel oscille entre 4 et 6 % dans les zones touristiques les mieux cotées.

Les contraintes réelles. L’entretien d’une villa représente un budget récurrent non négligeable : gardiennage, piscine, jardin, systèmes de sécurité. Dans les zones sans syndic, le propriétaire assume seul ces charges. L’accès au crédit immobilier pour les non-résidents est possible mais limité : les banques marocaines financent généralement jusqu’à 60-70 % de la valeur pour les MRE et les étrangers, contre 80-85 % pour les résidents.

Profil idéal. Famille cherchant une résidence secondaire ou principale, ou investisseur ciblant la location saisonnière haut de gamme. Budget minimum conseillé : 3 millions de DH pour entrer dans le segment villa avec des prestations correctes.

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Acheter un appartement au Maroc : liquidité, accessibilité, rendement stable

L’appartement reste le bien le plus acheté et le plus revendu au Maroc. C’est aussi le marché le plus transparent, le plus financé par les banques, et le plus adapté à un premier investissement immobilier dans le pays.

Ce que ça coûte. À Casablanca, le prix moyen au m² oscille entre 12 000 et 22 000 DH selon le quartier, Maarif, CIL, Val Fleuri pour le milieu de gamme ; Anfa, Gauthier ou Racine pour le haut de gamme. À Marrakech Guéliz, comptez 15 000 à 25 000 DH/m² pour du neuf. Tanger affiche des prix en forte progression depuis 2021, autour de 12 000 à 18 000 DH/m² dans les zones résidentielles proches du port.

Le rendement locatif. Les appartements meublés en location longue durée génèrent des rendements bruts de 5 à 7 % dans les grandes villes. En location courte durée via des plateformes comme Airbnb, les rendements peuvent atteindre 8 à 10 % bruts dans les zones touristiques, mais avec une gestion plus intensive.

Les contraintes réelles. Le marché du neuf au Maroc souffre de retards de livraison chroniques. Selon une étude de l’Observatoire de l’Immobilier de 2023, plus de 40 % des projets résidentiels subissent un retard supérieur à six mois. Les charges de copropriété sont parfois mal gérées, surtout dans les immeubles anciens. La revente reste plus rapide que pour une villa ou un riad, mais le marché secondaire pour les appartements de luxe reste étroit hors de Casablanca.

Profil idéal. Primo-investisseur, MRE cherchant un pied-à-terre, investisseur recherchant un rendement régulier avec une sortie facilitée. L’appartement offre le meilleur rapport accessibilité/liquidité/rendement pour un investisseur non-résident.

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Fiscalité : ce que tout acheteur étranger doit savoir

La fiscalité immobilière marocaine est souvent méconnue des acheteurs étrangers, et les surprises peuvent être coûteuses.

Les droits d’enregistrement représentent 4 % de la valeur déclarée pour les transactions immobilières classiques. La taxe notariale s’ajoute à hauteur de 0,5 %. La TVA s’applique sur les achats dans le neuf à hauteur de 10 ou 20 % selon le type de bien.

La plus-value immobilière est imposée à 20 % pour les non-résidents, avec un abattement de 25 % par année de détention au-delà de la cinquième année. Un bien détenu plus de dix ans bénéficie d’une exonération totale sur la plus-value. Cette règle avantage structurellement les investisseurs à long terme.

Les revenus locatifs des non-résidents sont soumis à l’impôt sur le revenu marocain, après application d’un abattement forfaitaire de 40 %. Des conventions fiscales bilatérales existent avec la France, l’Espagne, la Belgique et plusieurs pays du Golfe, leur application concrète mérite d’être vérifiée avec un fiscaliste spécialisé.

Marrakech, Casablanca, Tanger ou Agadir : où le marché est-il le plus porteur ?

Marrakech reste la destination préférée des investisseurs étrangers pour les riads et les villas de luxe. La demande touristique soutient les rendements locatifs, mais les prix ont atteint des niveaux qui laissent peu de marge pour une plus-value à court terme.

Casablanca est le marché le plus profond et le plus liquide. C’est la ville où revendre un appartement est le plus facile, et où le marché locatif longue durée est le plus structuré. Moins spectaculaire en rendement touristique, mais plus sûre comme investissement patrimonial.

Tanger est le marché en croissance le plus marqué depuis cinq ans, portée par les investissements industriels (Renault, BYD, textile) et le développement du port Tanger Med. Les prix ont doublé dans certains quartiers entre 2018 et 2024. Risque de surchauffe possible à court terme.

Agadir offre la meilleure combinaison balnéaire/accessibilité/infrastructure. La station balnéaire du Souss attire une clientèle marocaine et européenne avec un marché du neuf actif et des prix encore raisonnables.

Foire aux questions

Peut-on acheter un riad, une villa ou un appartement au Maroc en tant qu’étranger non-résident ? Oui. Les ressortissants étrangers peuvent acheter librement des biens immobiliers au Maroc, sous réserve que les fonds soient transférés via le circuit bancaire officiel. Ce principe de « convertibilité des fonds » conditionne la possibilité de rapatrier ultérieurement la plus-value ou le prix de cession.

Faut-il passer par un notaire au Maroc pour acheter un bien immobilier ? Oui. Toute transaction immobilière au Maroc nécessite l’intervention d’un notaire (adoul ou notaire de droit moderne) pour l’acte d’achat définitif et l’inscription au registre foncier (titre foncier). L’acte adoulaire et le titre foncier offrent deux niveaux de protection juridique différents — le titre foncier reste la garantie la plus solide.

Quel est le budget minimum pour investir dans l’immobilier au Maroc ? Un appartement studio ou T2 dans une ville secondaire peut s’acquérir à partir de 400 000 à 600 000 DH. Dans les grandes villes et pour les biens de qualité, le budget minimum conseillé est de 1,5 million de DH pour un appartement, 2,5 millions pour une villa d’entrée de gamme, et 1,5 à 2 millions pour un riad à rénover dans une médina.

Peut-on financer un achat immobilier au Maroc par un crédit bancaire local ? Oui, pour les MRE principalement. Les banques marocaines (Attijariwafa Bank, CIH Bank, BMCE Bank of Africa, Banque Populaire) proposent des produits spécifiques aux MRE avec des taux actuellement compris entre 4,5 et 6 % selon les profils. Pour les étrangers non-MRE, le financement est plus difficile à obtenir sans revenus justifiés au Maroc.

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Cet article a été rédigé par Morgan Richez, expert immobilier au Maroc. Le 28/01/2026

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